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La contrefaçon de médicaments tue

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African boy looking for medics En 1995, quatre-vingt-neuf personnes sont mortes à Haïti après avoir pris un sirop contre la toux… contenant de l’antigel. Le même produit tuera trente enfants en Inde en 1998. Préoccupation majeure de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les décès dus à l’ingestion de médicaments contrefaits se multiplient. Victimes de la revente de produits pharmaceutiques usagés ou périmés, les pays émergents doivent faire face depuis quelques années à l’arrivée massive de médicaments de contrefaçon.

Copiant à la fois les substances brevetées et génériques, ces produits (de nature et aux effets très divers) représenteraient plus de 10% du marché mondial des produits pharmaceutiques. Si certains contiennent, en faible quantité, un principe actif, d’autres composés de plantes, de craie ou d’huile d’olive sont des placebos. Enfin, les plus nocifs ont été fabriqués avec des produits toxiques (goudron, antigel) vendus pour traiter la fièvre, le paludisme ou lutter contre le sida. « Il y a des gens qui vont droit dans la tombe en se croyant soignés », déplore Thierry Beaugé, vice-président de l’ONG Transparency International France. Car il est très difficile de différencier un médicament contrefait d’un vrai. Produits par des laboratoires clandestins (notamment en Chine et en Inde), les remèdes sont acheminés dans des conteneurs qui transitent par les aéroports européens et américains, gages de qualité pour les clients, africains à 80%.

Réunis à Rome en février 2006 sous l’égide de l’OMS, les institutions et les laboratoires demandent l’harmonisation et le durcissement de la réglementation internationale. Première étape : la mise en place à l’automne d’un groupe de travail associant les différents acteurs du secteur (douanes, Interpol, Organisation mondiale du commerce…). Parallèlement, un système européen de traçabilité des médicaments sous forme de code-barres (Data Matrix) est à l’étude.

Mais lorsque l’on sait que le marché de la contrefaçon de médicaments est moins risqué et plus lucratif que le trafic de drogues, l’endiguer est un défi de taille.

[Extrait d’un article paru dans l’édition du Monde du 04.07.06]

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