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Tabous et pauvreté entravent le développement sanitaire

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Les efforts déployés en Afrique pour sensibiliser aux questions d’hygiène et de systèmes sanitaires se heurtent à des tabous culturels, au manque d’intérêt des gouvernements et à la pauvreté, a estimé mardi une conférence internationale sur l’eau réunie à Stockholm durant laquelle les pays en voie de développement vont faire part de leurs idées pour apporter des solutions quant à la gestion de l’eau.

World Water Week 2005 L’absence de sanitaires a des conséquences désastreuses pour la propagation des maladies: environ 6000 enfants meurent chaque jour de diarrhées liées au manque d’hygiène, selon les statistiques internationales.

Contrairement à l’accès à l’eau propre, ces questions sont éludées car embarrassantes et deviennent « des sujets très tabous », a souligné Roberto Lenton, président du Conseil Commun de l’Approvisionnement en Eau et Assainissement (WSSCC: Water Supply and Sanitation Collaborative Council), une organisation basée à Genève.

Selon Maria Mutagamba, ministre ougandaise de l’Eau, les toilettes sont perçues comme un thème qui ne concerne pas les autorités: « Les gens posent des questions sur leur approvisionnement en eau mais pas sur les toilettes dans la maison ».

« Alors que l’eau est la vie, les sanitaires sont la dignité », souligne M. Lenton.

Mais le manque d’installations sanitaires peut aussi être synonyme de mort prématurée, met en garde WSSCC, estimant qu’il s’agit de la plus grande cause d’infections au monde.

« Les excréments tuent. Ils tuent par millions », affirme l’organisation basée à Genève.

« Deux milliards et demi de personnes ne disposent pas d’un endroit propre offrant une certaine intimité pour déféquer et uriner », selon les chiffres de WSSCC. « En lieu et place, ils utilisent les champs, les rivières, les lignes de chemins de fer, les bords de canal (…) ou des seaux répugnants à l’odeur fétide et des latrines non sanitaires », poursuit l’organisation.

L’un des Objectifs de Développement du Millénaire (ODM) fixés par l’ONU (éh oui! encore eux!) est de permettre d’ici 2015 à 1,75 milliard de personnes l’accès à des sanitaires privés, soit un effort de 95 000 installations/jour.

Selon Mamphono Khaketla, ministre des Ressources naturelles du Lesotho, la question de l’eau est traitée par les ministres de la santé, de l’environnement ou encore de l’agriculture, qui ne collaborent pas toujours.

Mme Khaketla a également déploré que l’hygiène ne soit pas suffisamment enseignée dans les écoles et que les populations rurales éprouvent tant de difficultés à accepter que l’eau propre mérite un paiement.

Mais, tabous et barrières culturelles ou pas, la pauvreté demeure la première raison du manque de développement des systèmes sanitaires en Afrique. « Si j’ai 20 litres d’eau propre, vais-je m’en servir pour cuisiner, pour laver ou pour aller aux toilettes? », a interrogé Mme Khaketla. « Le choix est évident: cuisiner. Tant que nous en sommes là, la question des sanitaires sera laissée de côté », a-t-elle estimé.

Les questions d’infrastructures, du climat, de l’agriculture ou encore de la pollution des eaux est au programme de la conférence organisée par l’Institut international de l’eau de Stockholm qui se déroule dans la capitale suédoise du 21 au 27 août 2005.

[Source: AFP, le 23 août 2005]
[Le site de la Semaine mondiale de l’eau à Stockholm]
[Le site de l’UNESCO sur l’eau]

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