Les accouchements à Kokoro

A Kokoro, une matronne fait office de sage-femme bien qu'elle n'en ai pas les compétences. Elle aide les femmes à accoucher à domicile contre service-rendu ou troc. Etant bénévole, elle ne peut pas se consacrer à cette occupation à plein temps. Comme la plupart des villageois, elle doit aussi cultiver ses terres quotidiennement.

Actuellement, environ la moitié des accouchements sont à complication. Le matériel de la matronne est limité : 2 paires de ciseaux, 2 pinces, 1 plateau et de l'alcool. En outre, elle n'a aucun de moyen de locomotion et doit emprunter les taxi-motos du village (quand ils sont disponibles) pour se rendre au domicile des mères.

N'ayant pas le matériel ni les locaux pour effectuer les accouchements à complication, elle doit les évacuer vers les maternités environnantes. Trois solutions s'offrent à elle :

  1. Emmener la mère à Challa-Ogoï (4 km),
  2. Se rendre à Akumpfo en taxi (10 km),
  3. Se rendre à Papané en taxi (45 km).

Les tarifs d'un accouchement, les trajets en taxi trop onéreux et l'impossibilité de circuler la nuit (les chauffeurs refusent de circuler sur cet axe routier de 21H à 6H du matin en raison des coupeurs de route).

Ainsi, l'équipement sommaire de la matronne (pas même de spéculum ou forceps), et les trois solutions ci-dessus confirment que le projet de maternité à Kokoro n'est pas un luxe ou un confort, mais une réelle nécessité sanitaire.