Un journaliste tempère la réputation de la presse béninoise

Africain pieds nusSelon le journaliste béninois Marcus Boni Teiga, la qualité de la presse de Cotonou n’est pas supérieure à celle des autres pays d’Afrique francophone: « L’excellente réputation de notre presse n’est pas totalement justifiée »

Pourquoi la presse béninoise a-t-elle aussi bonne réputation ?

Marcus Boni Teiga : Tout simplement à cause de l’esprit d’indépendance, d’opiniâtreté et d’abnégation avec lequel elle a conquis son espace de liberté dans le contexte particulièrement difficile de l’époque, celui d’un parti unique fondé sur le marxisme-léninisme (jusqu’à la fin des années 1980). A ce titre, on peut affirmer sans grand risque de se tromper qu’elle a été à l’avant-garde du renouveau démocratique au Bénin, grâce au pluralisme d’opinions et d’idées, à l’éveil de la conscience du peuple dont elle avait fait son cheval de bataille contre vents et marée. Au point que toutes les institutions de la République savent dorénavant qu’il faut compter avec la presse dans la gestion des affaires publiques.

Cette réputation est-elle encore méritée aujourd’hui ?

Il ne faut pas être chauvin. La bonne réputation de la presse béninoise date de l’époque où celle-ci bravait le régime du Parti de la révolution populaire du Bénin (PRPB) et se mettait au-dessus des querelles de clocher. Cette réputation est aujourd’hui quelque peu usurpée et n’est entretenue que par le grand espace de liberté que lui accorde le cadre législatif dont elle bénéficie. A cause de son rôle dans l’avènement de la démocratie au Bénin.

Est-elle supérieure aux autres presses africaines ?

Je pense, à franchement parler, que non. Elle dispose d’une loi (la loi 60-12) qui permet l’éclosion facile de médias et elle jouit d’un environnement politique et social favorable. Le pouvoir politique (les institutions démocratiques) semble penser qu’il lui est redevable de son existence. A tort ou à raison. Je connais autant la presse béninoise que la presse tchadienne pour y avoir aussi travaillé pendant quelques années. La presse écrite tchadienne est de qualité supérieure à la béninoise. Marcus Boni Teiga

Que faudrait-il faire pour améliorer la qualité de la presse béninoise et des autres pays africains ?

Le journalisme a ceci de bien que c’est un métier très ouvert. On ne saurait interdire d’y entrer à tous ceux qui sont passionnés. Mais il faut donc que les professionnels aient d’abord acquis un background dans le domaine de la culture générale. Ensuite, il leur faudra la formation aux techniques du métier. Enfin, une incitation à l’observance des règles éthiques et déontologiques. Voilà, à mon avis, les trois piliers qui fondent un journalisme de qualité. Le reste est question d’expérience sur le terrain. Je pense que ce n’est qu’à travers ce genre de politiques que nous réussirons à relever le défi de la qualité des presses africaines.

Propos recueillis par Pierre Cherruau pour le Courrier international.

[Crédit photo: (c) nygus]

Classement mondial de la liberté de la presse 2006

Classement mondial de la liberté de la presse 2006Reporters Sans Frontières vient de publier son cinquième classement mondial de la liberté de la presse. Alors que les Etats les plus répressifs restent les mêmes, des pays en développement se glissent en tête du classement, devançant souvent les démocraties occidentales.

Couvrant 168 pays, cet indice tient compte du degré de liberté dont jouissent les journalistes et les organes d’information dans chaque pays. Il révèle aussi les efforts déployés par l’État entre septembre 2005 et septembre 2006 pour veiller au respect de la liberté de la presse. RSF enregistre le nombre d’atteintes directes contre les journalistes, le sort réservé en justice aux auteurs de violations de la liberté de la presse, le cadre juridique qui régit les médias, le comportement de l’Etat face aux médias internes et internationaux, les atteintes à la libre circulation des informations sur Internet. Reporters Sans Frontières n’a pas seulement tenu compte des exactions dues à l’Etat mais aussi de celles de milices armées, d’organisations clandestines ou de groupes de pression. Un questionnaire est rempli par des correspondants, des associations, des journalistes, des chercheurs, des juristes… L’Institut de statistique de l’Université de Paris traite les données recueillies.

A l’image des démocraties occidentales, la liberté de la presse est une réalité vivante au Bénin (23e au niveau mondial) premier pays africain du classement 2006, devant la France. Mais aussi en Namibie (26e), à l’île Maurice (32e), au Ghana (34e), au Mali (35e), en Afrique du Sud (44e) ou au Cap-Vert (45e).

Contrairement à l’Erythrée (166e), à Gambie (149e), à la Somalie (144e), à la République démocratique du Congo (142e), au Zimbabwe (140e) et à la Guinée équatoriale (137e), où elle est inexistante ou violée quotidiennement. Les mêmes pays africains figurent, respectivement, depuis plusieurs années en tête et en queue du classement mondial.

Ce sont encore et toujours des pays d’Europe du Nord qui occupent le peloton de tête en matière de liberté d’expression avec la Finlande, l’Irlande, l’Islande et les Pays-Bas, premiers ex-aequo de ce classement. Ce cinquième classement de Reporters Sans Frontières constate la dégringolade des Etats-Unis (53e) qui ont perdu neuf places par rapport à l’an dernier et du Japon (51e) perdant quatorze places. La France (35e) perd également cinq places.

Un grand merci au Leo Club Montigny SQY-Action

Le Leo Club de Montigny Saint Quentin en Yvelines avait décidé cette année de faire du soutien à Vidome le fil rouge de ses actions. Après avoir tenu une buvette lors des Prairiales organisées par le Lions Club et organisé un tournoi de foot au profit de Vidome, ils ont décidé de lancer une « opération tirelire ».

Une trentaine de tirelires ont été déposées chez les commerçants de la ville nouvelle de Montigny le Bretonneux au mois de Juin 2006. Quatre mois et 22 kg de pièces récoltés plus tard l’association Vidome a été reçue par le Léo Club pour une remise de chèque d’un montant de 1000 euros.

Nous tenons donc a remercier de tout coeur le Léo Club Montigny SQY-Action d’une part pour cette nouvelle opération mais aussi plus généralement pour avoir donné de son temps et de son énergie tout au long de l’année au bénéfice du projet de maternité. C’est grâce à des soutiens comme le leur que le projet voit le jour petit à petit.

Alors encore un grand merci à tous pour leur engagement de la part de toute l’équipe Vidome et du village de Kokoro.

Pour connaitre les actions du Leo Club Montigny SQY cliquez ici

Remise du chèque du Leo Club de Montigny Saint Quentin en Yvelines à Lilas

Salon Livres d’Afrique le 28 Octobre à Paris

Salon des livres d'Afrique à Paris Ce 28 octobre 2006, l’équipe de Livres d’Afrique se propose de vous amener à la découverte de la littérature africaine en organisant, entre 9h30 et 20h30, au sein de l’UNESCO, la 2eme édition du Salon Livres d’Afrique. Après avoir mis à l’honneur la Femme dans la littérature africaine en 2005, le thème choisi cette année sera « les 1001 littératures africaines ». Dédicaces, expositions, débats, contes, initiation à la BD… sont autant de façon de découvrir la diversité littéraire du continent.

Suite au succès des conférences lors de l’édition 2005, l’équipe de Livres d’Afrique a décidé de proposer aux spécialistes et néophytes de la littérature africaine quatre conférences thématiques:

  • Senghor : Quel héritage auprès des jeunes générations africaines ? (14h – 15h30)
  • Une introduction à la littérature gabonaise. (14h30 – 16h30)
  • Pourquoi le livre africain se vend-il si mal ? (15h30 – 17h)
  • La littérature africaine est-elle encore orale ? (16h30 – 18h)

Livres d’Afrique : « les 1001 littératures africaines ».

Samedi 28 octobre 9h30-18h00 UNESCO 125, rue de Suffren 75007 Paris Métro : Ségur, Cambronne

L’entrée du Salon est gratuite.

Pour plus d’informations, consultez le site de Livres d’Afrique

Information concernant les candidatures médicales

Petite fille rwandaiseActuellement à Kokoro, Vidome ne possède pas de mission à proposer aux stagiaires des écoles médicales et paramédicales. Cependant, un programme de suivi et d’évaluation des activités de la maternité sera lancé à compter de janvier 2008. Les candidatures seront ouvertes aux professionnels de santé (médecin, sage-femme, infirmière…) susceptibles d’apporter leurs compétences dans ce domaine.

Nous vous invitons donc à revenir régulièrement sur ce site pour suivre l’avancée du projet.

[Photo: (cc) camera_rwanda]

Construction de la maternité au Bénin

Jeunes sur la plage de CotonouJe suis arrivé à Cotonou samedi 14 octobre dans la nuit. Après 2 ans de travail, Vidome a aujourd’hui récolté la somme nécessaire au lancement du chantier de maternité de Kokoro. Je vais donc rester au Bénin pendant 3 mois, afin d’installer la maternité et d’en préparer le suivi.

Le projet s’articule autour de 3 partenaires:

  • Le village de Kokoro, initiateur du projet et responsable du suivi
  • Le Ministère de la Santé Publique, responsable du personnel et des infrastructures
  • L’association Vidome, support financier du village de Kokoro et coordinateur du projet

Deux étapes principales composent la mission:

  1. signature d’une convention d’engagement qui délimite les engagements de chaque partenaire
  2. suivi du chantier, de l’équipement de la maternité, et de l’affectation d’une sage-femme

Le Bénin compte moins d’habitants que la région parisienne (6,7 millions d’habitants), toute l’intelligentsia est concentrée sur Cotonou et Porto Novo. Alors ici, tout le monde se connaît, tout le monde est voisin ou cousin… on arrive à l’improviste, et le projet est en général très bien accueilli. En quelques jours, j’ai déjà rencontré plusieurs notables qui apportent chacun leur contribution: relecture de la convention, introduction auprès du ministère, conseils sur la pérennité de l’action, etc. Spontanément, chacun fait part de ses expériences, donne des conseils, ouvre son carnet d’adresse, et prend le temps de penser le projet sur le long terme. C’est très encourageant, et très utile. Et comme on dit ici souvent, « c’est gratuit ».

La signature de la convention est donc bien engagée. Le chemin administratif parcouru jusqu’ici est le suivant:

  • Sollicitation depuis la France de Mme La Ministre pour l’élaboration d’une convention
  • Réponse de Mme La Ministre (très rapide: 12 jours), donnant son avis favorable et me redirigeant vers le DIEM (Directeur des Infrastructures, de l’Équipement et de la Maintenance)
  • Ce matin (20/10), le DIEM a validé (oralement) les plans de la maternité, et m’a renvoyé vers le DDSP (Directeur Départemental de la Santé Publique) pour y finaliser la convention.

–> Prochaine étape: réunion avec le DDSP, j’espère mardi prochain, et finalisation de la convention. Dès que nous aurons signé cette convention, le chantier pourra commencer.

La préparation du chantier avance en parallèle. J’ai rencontré plusieurs ingénieurs en génie civil. En fin de semaine prochaine, je choisirai celui qui supervisera le chantier: il se rendra sur le chantier pour contrôler l’avancement et valider les étapes techniques. D’ici là, un d’eux va recalculer le devis de la construction: les entrepreneurs auraient tendance à sous-estimer leur devis pour décrocher l’appel d’offre, et à « réajuster » en cours de chantier.

La semaine prochaine, je me rendrai aussi à Kokoro pour quelques jours, afin d’y préparer le contrat de la construction… et d’y retrouver tous les amis qu’il me tarde de revoir au bout de deux ans. L’arrivée au village promet.

Matthieu de Bénazé (Président de Vidome)

[Photo: (cc) phitar]

Journée mondiale de la femme rurale au Bénin

15 octobre 2006: Journée Mondiale de la Femme Rurale 2006

« Exigez votre droit inaliénable et fondamental à un logement convenable » et « Femmes rurales : leaders de demain » tels sont les thèmes de la 11ème Journée mondiale de la femme rurale, édition 2006, célébrée ce dimanche 15 octobre dernier au Bénin.

Cette journée est une initiative lancée par plusieurs ONGs internationales à Beijing en 1995 lors de la 4e conférence internationale de l’ONU sur les femmes et organisée depuis 1997 par la Fondation Sommet Mondiale des Femmes WWSF.

Des célébrations et événements sont organisés dans plus de 100 pays autour du monde. La Fondation Sommet mondial des femmes publie également chaque année « une Lettre Ouverte aux femmes rurales du monde » sur un sujet précis (20000 affiches et lettres sont envoyées aux ONGs, aux organisations de développement et de droits de l’homme ainsi qu’aux médias).

Extrait du message de la Présidente du Comité des Agricultrices de la FIPA en Septembre 2006:

[…] La faim et la malnutrition concernent encore trop de pays. Les femmes rurales produisent une part très importante de la nourriture dans les pays les plus pauvres. Elles sont donc en première ligne pour combattre ces fléaux. Les femmes rurales du monde peuvent de plus contribuer à un meilleur respect des ressources naturelles et promouvoir le développement durable. Mais sont-elles écoutées? Leurs revendications pour l’accès aux terres, aux crédits, aux semences et aux outils sont-elles prises en compte? Suffit-il de demander poliment aux dirigeants souvent masculins et citadins pour que les besoins des femmes rurales soient acceptés? Bien sûr que non ! […]

Quelques chiffres:

Selon la FAO, les femmes produisent plus de 50% de la nourriture cultivée sur la planète. En Afrique, c’est plus de 80% de la production alimentaire qui est effectuée par des femmes, c’est 60% en Asie et de 30 à 40% en Amérique du Sud. 70% des pauvres en milieu rural sont des femmes et leur principale ressource est l’agriculture.

Aller plus loin:

L’affiche de la 11ème journée mondiale de la femme rurale

Affiche de la journée mondiale de la femme rurale 2006

Rapport sur la situation humanitaire en Afrique de l’Ouest

Logo de ReliefWeb ReliefWeb fournit des cartes et documents de référence à propos des catastrophes naturelles et des urgences humanitaires. Il permet à l’aide humanitaire internationale d’agir efficacement en lui fournissant un support documentaire fiable et à jour. Lancé en 1996, ReliefWeb est administré par l’OCHA, qui dépend de l’ONU Nous reprenons ci-dessous les principales informations du rapport de la situation humanitaire en Afrique de l’Ouest, qui date du 6 octobre 2006

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Mobilisation pour Sauver le Darfour

Logo de l'association Sauver le Darfour En silence:

  • depuis 2003, 300 000 personnes sont mortes au Darfour.
  • 3 millions de personnes ont été déplacées.

L’association « Sauver Le Darfour » (SLD) alerte et mobilise aussi bien les pouvoirs publics que l’opinion sur ce qu’il faut aujourd’hui considérer être le premier génocide du 21ème siècle. SLD part du principe suivant:

« De l’indifférence des peuples naît l’inaction des gouvernants. ». Nous pensons aussi que la prise de conscience est un premier pas !

Signez l’appel « Sauver le Darfour »
Téléchargez l’appel« Sauver Le Darfour »
Visitez le site de l’association « Sauver Le Darfour »

Les blogs, une vitrine pour l’humanitaire

Un article très intéressant est paru dans le journal La Croix du 30 septembre 2006 (édition week-end) et sur le site internet du quotidien. On y cite Vidome en exemple des petites associations tenant un blog. Ce quotidien français est tiré à plus de 100 000 exemplaires, ce qui pourrait nous permettre de rencontrer de nouveaux partenaires et de développer nos projets!

Un article très intéressant est paru dans le journal La Croix du 30 septembre 2006 (édition week-end) et sur le site internet du quotidien. On y cite Vidome en exemple des petites associations tenant un blog. Ce quotidien français est tiré à plus de 100 000 exemplaires, ce qui pourrait nous permettre de rencontrer de nouveaux partenaires et de développer nos projets!

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