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Les livres et le Bénin

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Le livre est l’outil du progrès : il donne accès au savoir, à la liberté et à la paix. Il donne une chance à l’humanisation du monde. Qu’en est-il au Bénin ?

Séance de lecture lors d'une mission au bénin Selon le chercheur et professeur à l’Université Nationale du Bénin, Jean-Euloge Gbaguidi, parler du livre revient avant tout à parler de l’histoire de l’institution scolaire au Dahomey, devenu Bénin. Tout le processus littéraire n’est rien d’autre que la conséquence de la scolarisation. L’école béninoise a environ 1 siècle et demi. Pourtant elle n’est pas parvenue à faire entrer le livre dans le quotidien des gens. Et ce à cause de la perception qu’a le Béninois du livre : Le livre est considéré comme un intrus, un objet ennuyeux. Rares sont les personnes qui l’offriraient comme cadeau. Il est souvent utilisé comme moyen d’ascension sociale, pour préparer un diplôme par exemple, et non comme moyen d’épanouissement personnel et d’évasion. Dans le monde non-scolarisé, le livre est vu comme un objet diabolique et coûteux, appartenant aux peuples qui ont dominé l’homme noir pendant des siècles.

D’où l’importance de promouvoir le développement de l’édition, la libre circulation du livre et son accès à tous les publics ! La Bibliothèque Nationale du Bénin, à Porto Novo, est chargée de la promotion de la lecture et du livre depuis 1985. Elle gère les 12 bibliothèques de lecture publique installées dans les 12 départements du pays. Et en plus des « missions classiques », la BN doit s’engager dans d’autres actions pour amener le livre au plus grand nombre de personnes (ex : projet d’alphabétisation des femmes par le multimedia). Francis Marie-José Zogo, directeur de la BN, met particulièrement l’accent sur le fait que la production littéraire au Bénin n’est pas assez importante pour permettre la publication régulière et à périodicité connue de la bibliographie nationale. Beaucoup de béninois continuent de se faire éditer à l’étranger, en France notamment, malgré la présence de quelques maisons d’édition de renom.

En ce que concerne l’édition justement, les femmes écrivains sont nombreuses au Bénin, depuis les années 80. Cependant, elles restent dans l’ombre, la majorité évoluant à l’extérieur du pays ! Si « on ne peut mesurer le développement d’une nation que par le degré d’épanouissement de la femme » (fraternite-info.com), si ces femmes constituent le baromètre de la société, pourquoi ne laissent-elles pas courir leur plume d’écrivain si elles ont ce talent ? Il y a diverses raisons : l’écriture au Bénin est un domaine initialement masculin. Les femmes ont du mal à y trouver leur place. De plus, faute de moyens, elles ne peuvent guère se lancer. On peut ajouter le manque de temps, car les femmes ont de multiples préoccupations comme la famille et la communauté, mais aussi le manque de courage de se révéler à elles-mêmes et au monde entier.

Parmi ces femmes écrivains on peut citer comme exemple Berthe Agbo et Christine Adjahi (éditées en France), Adélaïde Fassinou, auteur d’ouvrages sur la vie des femmes et des enfants au Bénin, et Flore Hazoumé, romancière. Ken Bugul, écrivain béninoise par alliance, incite les femmes à se lancer dans le domaine de l’écriture :

« Il faut écrire pour témoigner, pour dénoncer. Il faut écrire pour changer et faire changer le cours des évènements. Il faut écrire pour participer, apporter sa contribution. Il faut écrire pour être, car il ne s’agit que d’humain. »

Un Commentaire

  1. Quel bel article qui nous dévoile un sujet très peu connu! il est clair que l’Afrique foisonne de talents cachés! il suffit de leur donner l’audace de suivre les traces de Leopold Sedar Senghor, Meshack Asare, Camara Laye ou de Mariama Bâ!
    Je pense qu’il y a une piste d’action humanitaire à suivre… merci Aurélie pour cet article qui nous interpelle!

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