Atchadé, originaire de Kokoro, est le petit-fils de BABA Guidahi (BABA signifie l'ancien, le sage). Il a été autorisé par Kpéhoundé (le 1er installé sur les collines) à fonder Kokoro. Beaucoup des petits-fils du vieux (de BABA Guidahi) ont crée assez de villages mais Kokoro fut le tout premier.
II est le premier des villages fondés par rapport à Idouya, Agboro ou Kombon. Ces trois villages sont d'ailleurs des frères par origine, et c'est bien après que les autres villages tels que Botti, Challa-Ogoï et Gbédé sont venus demander asile au roi de Kokoro pour s'installer. Ce qui fut. Alors tous ces villages, bien que certains soient aujourd'hui plus importants économiquement ou administrativement que Kokoro, «occupent» néanmoins le domaine de Kokoro.
Les guerres sanglantes ont plus marqué la vie de Kokoro dans le bon vieux temps.
La toute première est livrée contre les Fonds d'Abomey principalement sous le règne du roi Dako-Donou. Elle fut soldée par la victoire de Kokoro.
La deuxième a opposé Kokoro aux Yorouba de Abéokouta du Nigeria. Cette fois, les guerriers de Kokoro baissent les bras au profit des attaquants. L'un des victorieux se permit d'aller jusqu'au centre de Yékpéhou, sur la colline sacrée prendre les beaux habits qui s'y trouvent dont on ignore l'origine mais que tout le monde peut prêter pour ses sorties de marque et les restituer dès son retour. Cet acte capricieux de l'un des yorouba est la cause principale qui fait que le lieu sacré est aujourd'hui formellement interdit à tous les yorouba au risque de disparaître miraculeusement. L'information peut être vérifiée auprès de tout natif de Kokoro ou autre individu qui maîtrise l'histoire. Ce n'est un secret pour personne.
Autres que le vol, l'adultère, l'envoûtement et la provocation, rejetés par toute communauté, Kokoro a des totems qui lui sont propres :
Les deux interdits sont encore valables de nos jours. Ils évitent l'attaque par les ennemis.
Les 3600 habitants de Kokoro sont majoritairement des nagots, des peuhls et des fons. La religion dominante est le christianisme, viennent ensuite l'islam, le méthodisme et l'animisme.
Le village n'est pas dirigé par un maire et un conseil municipal, ni par un représentant du gouvernement béninois, mais par un conseil des anciens. En effet, la gestion des conflits et le développement local sont assurés par les hauts responsables (chefs du village, chef des terres, chef chasseur et leurs conseillers) et les membres du Comité de Gestion.
Un Comité de Suivi du Développement Local de Kokoro a été créé en février 1996. Il est à l'origine du renouveau de Kokoro. Depuis une dizaine d'années, le village ne cesse de se développer : gare routière, marché, dispensaire, collège (depuis 3 ans seulement), etc.