Vidome

Association Vidome – Une maternité pour Kokoro

L’association Lafibala à Kokoro !

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Lafibala, association d’étudiants en pharmacie de Tours, s’est rendue à Kokoro en mars dernier. Leur objectif: former l’équipe médicale à la gestion des médicaments.

L’action de Lafibala se décompose en 3 missions:

  • une mission d’évaluation (1 semaine, effectuée en mars dernier)
  • une mission de formation (prévue fin juin)
  • une mission de suivi (en février 2007)

Merci à Claire, Géraldine, Karima et Mélanie qui se sont investies dans leur mission d’évaluation !

Elles nous racontent…

L'équipe de Lafibala en Mars 2006 pour la mission d'évaluation à Kokoro

Mission d’évaluation du dispensaire de Kokoro (du 18 au 26 mars 2006)

Lafi Bala, association humanitaire des étudiants de Tours, parrainée par Pharmaciens Sans Frontières et collaboratrice amicale de Vidomé, a envoyé quatre de ces plus motivées membres au village de Kokoro au Bénin pour une première mission d’évaluation. Ainsi nous : Claire, Géraldine, Karima et Mélanie, avons décollé le 18 mars avec des tonnes d’énergie à revendre !!! La mission d’évaluation consiste en la récolte d’informations sur le poste de santé, afin de pouvoir déterminer précisément quels sont ses besoins.

Arrivées le lundi 20 mars au soir au village, nous avons d’abord pris un premier contact avec la population : Constant, venu nous chercher à Cotonou, nous installe chez lui et nous présente sa famille, puis au village, nous rencontrons Nazaire, Hilarion, Emmanuel l’infirmier, et bien d’autres… enfin, ce fut la rencontre avec le Roi et les notables du village, émotions assurées, avec promesse de faire du mieux possible, et de rester amis pour toujours…

Mardi 21 mars, il est temps de se mettre au travail ! motivées à bloc, nous nous rendons au poste de santé pour y prendre nos marques, là, on a l’heureuse surprise de voir que le staff de la zone sanitaire y est déjà réuni, c’est une demande que nous avions formulée sans être tout à fait sûres qu’elle serait suivie d’effets… il y a l’infirmier d’Ouéssé (représentant le médecin de zone), un infirmier, une gestionnaire et une matronne de la zone sanitaire (responsables du monitoring, c’est-à-dire de s’assurer du bon fonctionnement des dispensaires de la zone), il y a également le chef d’arrondissement (un médecin-vétérinaire), le personnel du poste, Hilarion et le président du comité de gestion du dispensaire. Tous sont là pour nous écouter présenter notre association et notre projet et pour répondre à nos questions, on sent bien qu’ils sont super-motivés, qu’ils ont envie de faire avancer les choses et ça c’est très important pour nous ! en plus, ça nous fait vraiment gagner du temps pour la suite des opérations… on leur demande par la même occasion de formuler les besoins du poste et de la population, il en ressort que l’infirmier voudrait être mieux former sur les dermatoses, et qu’Hilarion soulève les problèmes de vue des villageois. Ensuite, dans l’après-midi, nous commençons notre enquête : questionnaire sur le personnel du poste, élaboration du plan détaillé du poste, prises de photos, collecte des registres nécessaires à notre travail pour les jours qui suivent :

  • cahiers de comptes journaliers
  • cahiers recettes/dépenses (qui nous serviront à évaluer le taux de recouvrement des coûts)
  • REMECAR permet de savoir le prix des médicaments et les plus fréquemment utilisés
  • Registre des références et contre-références…

Nous écoutons, pour suivre, les requêtes du Roi et de ses conseillers, pas toujours accessibles et réalisables. Puis nous allons voir la pompe à eau dans le bas du village, où les femmes font la queue toute la journée pour avoir de l’eau pour leurs familles.

Le mercredi, c’est le jour d’une campagne de vaccination au poste de santé, de nombreuses femmes viennent avec leurs ptits bouts d’choux (0 à 11 mois), elles chantent pour qu’ils ne pleurent pas trop. Pour nous, c’est le jour de faire l’inventaire de la pharmacie (compter un par un les comprimés, médicaments en stock, et périmés) et du matériel médical (il y en a pas mal, du tout neuf, fourni par l’état mais pas encore utilisé), puis nous continuons le travail sur les registres, on n’est pas trop de quatre!!! Ce soir là, après une journée bien remplie, nous avons le plaisir de rencontrer Léonard, une graine de star, qui nous dédicace des chansons, et les gens se mettent à danser sur de la musique béninoise : bonne ambiance !

Le jeudi 23 mars, c’est notre dernière journée de travail au dispensaire, nous finissons donc de récolter tout ce dont nous avons besoin pour faire une évaluation précise une fois de retour en France. Le midi, nous sommes invitées par le chef du village, qui sacrifie un poulet pour nous, c’est pas rien… pendant ce temps des jumeaux prématurés sont nés au dispensaire ils pèsent à peine 1kg chacun, ils sont emmitouflés et près de la lampe pour être au chaud, ils seront envoyés vers l’hôpital pour des soins plus appropriés le lendemain.

Après, au poste de santé, on réunit tout le personnel pour faire un bilan du travail effectué, des premières observations qu’on en tire, faire une liste du matériel qu’ils veulent et aussi pour parler de nos projets à notre retour en juin-juillet : – faire des formations sur l’eau et les pathologies associées, sur l’hygiène et la gestion des déchets (problèmes majeurs du village)

  • on voudrait mettre en place des réunions mensuelles de sensibilisation de la population sur des thèmes qui les touchent, l’infirmier est très motivé pour ça, il reste à convaincre le comité de gestion.
  • Apporter du matériel médical et des médicaments, de la documentation sur le SIDA, l’alcool, le tabac, et ce qu’on trouvera…
  • Faire des fiches de gestion de stock pour le pharmacie, on leur a également demandé de faire des étagères pour un meilleur fonctionnement de la pharmacie.

Ils nous accompagnent au collège où nous devons rencontrer le directeur, l’infirmier a fait suivre là-bas les documents que nous avons apportés concernant le SIDA, et donc après une présentation de notre asso aux 300 collégiens, nous devons improviser un débat et répondre aux questions des ados sur le SIDA ! ils sont intéressés et posent souvent des questions très pertinentes. Nous laissons au directeur le soin de distribuer les cahiers, crayons et craies que nous avons apportés, le collège est en effet ouvert depuis 5 ans et a présenté sa première promotion au brevet l’année dernière avec 100% de réussite ! nous leur offrons 3 ballons de foot et la pompe qui va avec, pour leurs cours de sport.

Ensuite, nous rendons visite au village de Gbédé à quelques kilomètres dans la forêt, pour y rencontrer le Roi et y visiter leur UVS (unité villageoise de santé) où ils procèdent aux premiers soins d’urgence et à quelques accouchements, nous essaierons de rapporter des compresses, etc, pour celui-ci, cet été…

Voilà, cette première mission est finie, le vendredi matin c’est le moment des aurevoirs, le cœur lourd… Un dernier petit passage au poste pour y laisser quelques cadeaux, puis c’est les aurevoirs officiels et non moins émouvants au Roi, qui nous offre à chacune une bouteille remplie de cacahuètes, les arachides sont la spécialité du village. Les villageois nous laissent plein de messages de bon retour, et des pensées affectueuses à transmettre aux membres de Vidomé. Le retour vers Cotonou est long et suivi de celui vers la France, où les yovos sont à tous les coins de rue…

En résumé, nous avons bien travaillé, bien noué des liens d’amitié. Nous sommes dors et déjà en train de procéder à l’évaluation par rapport aux données collectées, nous nous rencardons pour trouver du matériel médical, des préservatifs, des affiches informatives…

Du 24 juin au 16 juillet, Géraldine, Carole, Bérengère et Clédia retournent au Bénin pour la mission de développement, où on fera un don de médicaments et de matériel au village, et où on fera les formations définies.

Le Bénin est maintenant dans nos cœurs, et comme on dit là-bas : « là où ton cœur reste tes pieds retourneront ».

Claire, Géraldine, Karima et Mélanie

2 Commentaires

  1. A vous lire je retrouve toute l’émotion et toutes les choses que nous avons vécues lors de notre séjour à Kokoro……Même 10 mois plus tard j’en ai encore presque les larmes aux yeux….Il est certain que mon coeur est resté là bas et non moins certain que mes pieds y retournerons. Encore bravo a vous les filles….

  2. Oui, beau récit, et encore bravo !

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