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Hausse des prix des taxis brousse au Bénin

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Moins de passagers à la fois dans les taxis brousse

Taxi-brousse au Bénin, Afrique de l'OuestDepuis l’avènement du gouvernement du changement, force est de constater que des dispositions sont prises pour améliorer les conditions de vie et de travail des populations. Au nombre de celles-ci, il y a l’interdiction de surcharge dans les taxis villes du Bénin.

Au lieu de 4 passagers derrière et 2 devant, les conducteurs de taxi sont contraints à respecter les textes en vigueur dans le pays en ce qui concerne le code de la route. Ainsi, l’effectif des passagers dans les taxis-brousse est passé à 4 à raison de 3 derrières et 1 devant. Cette situation a automatiquement entraîné une revue à la hausse des prix de transport.

Une hausse des prix atteignant plus de 30%

Par exemple, autrefois, le tarif du transport d’Abomey-Calavi à Cotonou était de 300 Fcfa. Aujourd’hui, il est à 400 Fcfa. De même, les déplacements dans la ville de Cotonou coûtent plus cher avec un taxi ville. Cet état de choses est de plus en plus mal vécu par les populations. En effet, ces dernières préfèrent la surcharge à la hausse vertigineuse des prix de transport observée dans la ville.

Ceci est aggravé par le fait que le prix n’est plus fixé de façon standard mais au bon vouloir des chauffeurs. Maman Viviane, commerçante au marché Dantokpa quitte tous les matins Abomey-Calavi pour le marché. Selon elle, le prix du transport devient de plus en plus difficile à supporter. « Depuis ce changement, pour mon déplacement, par jour je dépense 1000 Fcfa, alors qu’avant, je ne dépensais que 600 Fcfa », a-t-elle laissé entendre. « On ne vend plus au marché, mais les dépenses quotidiennes augmentent », a-t-elle ajouté.

Une demande des usagers pour baisser le prix des courses

« Qu’allons nous devenir à ce rythme ? » Se demande t-elle. Elle raconte, « Dans un taxi ville, un passager assis devant demande au chauffeur de prendre un autre à côté de lui car il n’a pas de quoi payer le tarif unique qui lui est exigé. Grande fut ma surprise quand je vis que tous les autres passagers l’ont soutenu et ont demandé au chauffeur d’ajouter également un autre passager derrière. « Il y a encore de la place et tu peux prendre encore une personne, de quoi nous diminuer le tarif » ».

Voilà ce à quoi l’on assiste de plus en plus dans la ville de Cotonou. Ce sont les populations elles-mêmes qui encouragent aujourd’hui cette surcharge tant décriée autrefois. Est-ce parce que la vie coûte de plus en plus cher ? Comment peut-on vouloir d’une chose et de son contraire ?

De toutes les façons, les forces de sécurité sont à pied d’oeuvre dans la ville pour décourager ces agissements qui mettent la vie des passagers en danger. Pourquoi mettre en péril sa vie parce qu’on est obligé de payer 100 ou 150 Fcfa de plus.

Une situation qui arrange les conducteurs des taxi-motos Zémidjan.

Zemidjans, les taxi-motos de Cotonou« Le malheur des uns fait le bonheur des autres », dit-on souvent. Ainsi, face à cet état de choses, les conducteurs de taxis motos communément appelés Zémidjan s’en tirent à bon compte. En effet, les populations préfèrent prendre le Zem qui coûte approximativement la même chose que le taxi ville aujourd’hui. En plus, affirme George, un habitué de taxi motos, « on est plus à l’aise sur le Zem ».

Il est vrai qu’on est plus exposé à des accidents mais il suffit d’avoir un conducteur prudent ou de l’inviter à la prudence. « Moi je préfère le Zem car non seulement c’est rapide, mais aussi c’est au même prix que le transport par taxi ville qui dure plus à cause de ses stationnements pour prendre ou descendre des clients » a-t-il ajouté. Miriam, elle n’est pas de son avis. « Moi, je suis tombée déjà plus d’une fois avec les taxi motos. Alors je prends plus de Zem. Je préfère les taxis villes car je suis protégée des accidents fréquents que l’on remarque avec les Zem.

Ceci dit, le moyen de déplacement est très nécessaire dans la vie des hommes. Aussi, faut-il s’entourer de toutes les garanties de sécurité pour ne pas mettre en péril sa vie. Face à cet état de choses, le ministère du transport et des travaux publics devra promouvoir le transport en commun au Bénin. Cela permettra de lutter aussi bien contre la surcharge que contre la hausse des frais de transport.

[Source: Fraternité (Cotonou) – 7 mai 2007]

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