Le Bénin doit faire face à de nombreuses difficultés en matière d'éducation. Les enfants ne vont pas tous à l'école, ou y vont épisodiquement. Dans les écoles, toutes les classes sont en sureffectif, les conditions d'apprentissage en sont perturbées.
Les enfants sont informés du commencement des cours d'été par le crieur du village qui « gongonne » une fois les bénévoles installés et prêts. Le collège se situe à environ 15 minutes à pied du logement. Il compte 4 salles rénovées et 3 salles en plus mauvais état. Les élèves sont regroupés selon les 4 niveaux : 6e, 5e, 4e, 3e sachant que pour les cours d'été les 6e sont les CM2 de l'année scolaire achevée, de même pour les 5e...
Mission : Une mission d'un mois, si on y enlève l'arrivée, l'installation et la préparation des bénévoles et l'arrivée des élèves, représente au final une action de 3 semaines. Il est donc important de bien organiser cette courte période en préparant efficacement (par exemple évaluation des élèves pour cibler les problèmes), en établissant un emploi du temps fixe, et en évaluant le travail accompli en fin de mission (contrôles des connaissances).
Emploi du temps : Les bénévoles organisent un emploi du temps qu'ils communiquent aux élèves dès les premiers jours, les disciplines enseignées étant réparties entre les bénévoles selon leurs compétences. Les cours sont dispensés le matin pour libérer les collégiens l'après midi, et pouvoir s'occuper des enfants de l'école primaire (voir la partie ANIMATION). Le soutien scolaire pouvant prendre des formes variées, un échange culturel y est constament intégré, suivant le ressenti et les envies de chacun.
D'un point de vue général, les missions souffrent d'un manque de communication avec les professeurs enseignant au CEG (Collège d'Enseignement Général) de Kokoro. Ceux-ci étant en vacances lors des cours d'été, il n'existe à ce jour aucun partenariat entre les enseignants Kokorois et l'association Vidome. Par conséquent, les bénévoles perdent du temps pour cibler les difficultés et pour connaître les programmes scolaires du Bénin (qui ne diffèrent pas beaucoup des programmes français).
Globalement les problèmes de fond des élèves sont :
Les niveaux sont très hétérogènes. En 6e par exemple, l'écriture et la lecture ne sont pas acquis pour certains.
Enfin, et c'est là le problème inhérent à la venue des bénévoles : les élèves travaillent en majeure partie dans le but d'obtenir les récompenses (fournitures scolaires) délivrées en fin de mission, pour les évaluations finales.
En 2006, la rencontre avec l'association étudiante « ASEKOP » (ASsociation des Etudiants KOkorois à Parakou) a permis d'obtenir des renseignements sur les causes des lacunes et problèmes des élèves. L'association comprend une dizaine de volontaires qui organisent des BEPC Blancs pour les élèves de 3e du CEG de Kokoro depuis 3 à 4 années. Leur travail semble très efficace aux vues des résultats : les taux de réussites aux examens blancs sont les mêmes que ceux obtenus lors de l'examen officiel.
Les difficultés d'enseignement sont le fruit d'un changement de programme scolaire il y a 3 ans, qui a chamboulé les méthodes d'apprentissage des professeurs et desservi naturellement les élèves.
Avec ce programme : « une mauvaise réponse n'est jamais totalement mauvaise... ». C'est-à-dire qu'un élève peut répondre faux mais s'il a bien formulé sa mauvaise réponse et bien compris la question, cela lui vaut des points, de même que s'il n'a pas fait de fautes d'orthographe. La notation est donc toujours globale et rarement précise sauf sur les définitions, où les élèves excellent dans le par coeur, mais ne comprennent pas souvent ce qu'ils récitent. A Kokoro, en 2006 : 14% de réussite… (ces 14% sont ceux qui avaient réussit l'examen blanc Asekop).
Par ailleurs, l'abandon du syllaber en primaire lors de l'apprentissage de la lecture cause bien des dégâts. Le fait d'assimiler une syllabe à un son et donc de lire tout mot par combinaison de syllabes (exemple : l'association des syllabes « ta » et « ble » donnent le mot « table « ) est laissé au profit d'un apprentissage où l'on associe un mot à un objet (exemple : l'enfant apprend à lire « caillou » à le reconnaître, et à l'associer à l'objet. En revanche il ne pourra pas forcément lire le mot « caille »).
Par conséquent, les prochaines missions se feront en complet partenariat avec cette association d'étudiants, dans le but de déléguer complètement les de cours d'été à des acteurs locaux. Après avoir ciblé les problèmes et les causes de ceux-ci, grâce à la concertation avec ASEKOP et un professeur référent, les cours d'été privilégieront :