Douze ressortissants béninois ont été interpellés à Gaoua, dans le sud-ouest du Burkina Faso, dans le cadre d’une enquête pour escroquerie présumée. Les arrestations, réalisées les 21 et 22 octobre 2026, ont été annoncées mardi 27 octobre par le capitaine Théophile Zongo, chef du Service régional de la police judiciaire du Djôrô.
L’affaire a débuté après la plainte d’un habitant, déposée le 21 octobre. D’après les éléments communiqués par la police, le plaignant aurait remis 185 000 FCFA à des hommes qui se présentaient comme des tradipraticiens. Ceux-ci lui auraient ensuite demandé 800 000 FCFA supplémentaires, en le menaçant de mort ou de troubles mentaux s’il refusait de payer.
Deux groupes identifiés par les enquêteurs
Trois personnes ont été arrêtées le soir même du dépôt de plainte. Les investigations, menées avec l’aide d’habitants, ont ensuite conduit les policiers vers un second groupe établi dans le quartier de Tielkan. Neuf autres personnes y ont été interpellées le 22 octobre, portant à douze le nombre total de suspects arrêtés dans cette procédure.
Selon les informations rendues publiques par la police, les deux groupes auraient recruté de jeunes Béninois pour les faire venir au Burkina Faso. Ces derniers auraient ensuite ciblé des habitants de villages éloignés ainsi que des travailleurs présents sur des sites d’orpaillage. Leur démarche consistait notamment à proposer des bagues et des amulettes présentées comme des objets porte-bonheur.
- Les bagues et amulettes auraient été vendues entre 15 000 et 25 000 FCFA ;
- Les acheteurs étaient ensuite dirigés vers des personnes présentées comme des maîtres spirituels ;
- Des rituels de purification payants auraient été proposés, avec des montants pouvant atteindre 800 000 FCFA ;
- Des menaces auraient été proférées contre les clients qui refusaient de verser les sommes demandées.
Une procédure judiciaire encore en cours
Le préjudice financier total n’a pas encore été établi. La police poursuit ses investigations afin de déterminer l’ampleur des faits et de rechercher d’éventuels complices. Les personnes interpellées doivent être présentées au procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Gaoua.
À ce stade, les douze ressortissants béninois restent présumés innocents. Leur présentation au parquet doit permettre à l’autorité judiciaire d’examiner les éléments réunis par les enquêteurs et de décider des suites à donner à la procédure. L’affaire met également en évidence une organisation opérant de part et d’autre de la frontière, la police burkinabè affirmant que des jeunes étaient recrutés au Bénin avant d’être conduits dans le sud-ouest du Burkina Faso.