Les interruptions d’électricité enregistrées dans plusieurs localités du Bénin en octobre 2026 ont remis en lumière la dépendance du pays à l’égard des fournisseurs étrangers. D’après les éléments rapportés par Agence Ecofin, les importations représentaient encore environ 60 % de l’approvisionnement électrique du Bénin en 2024. Cette situation expose l’activité économique aux difficultés rencontrées au Ghana et au Nigeria, deux pays dont les approvisionnements contribuent à alimenter le réseau béninois.
Dans un communiqué publié le 19 octobre, les sociétés publiques chargées de la production et de la distribution ont principalement expliqué les perturbations par des restrictions d’approvisionnement venues de ces deux pays. Ces interruptions touchent aussi bien les ménages que les entreprises. Elles contraignent certaines sociétés à recourir à des équipements de secours, avec un effet direct sur leurs charges d’exploitation et leur capacité à maintenir leur activité.
Les coupures pèsent sur les entreprises
La fréquence des délestages constitue un problème structurel pour le secteur privé. Selon une enquête menée par la Banque mondiale en 2024, 86,1 % des entreprises interrogées au Bénin subissaient des coupures d’électricité. Une étude publiée en 2025 par Clean Air Task Force, à partir de données datant de 2015, évaluait le poids des solutions de remplacement pour les entreprises raccordées étudiées.
| Indicateur | Donnée | Référence |
|---|---|---|
| Part des importations dans l’approvisionnement électrique | Environ 60 % | 2024 |
| Entreprises confrontées aux coupures | 86,1 % | Enquête de la Banque mondiale, 2024 |
| Part des dépenses d’électricité consacrée aux solutions de secours | 44 % | Étude publiée en 2025 |
Groupes électrogènes, stabilisateurs et autres dispositifs de substitution représentaient ainsi 44 % des dépenses d’électricité des entreprises étudiées. Le recours à ces solutions renchérit le coût de production et peut fragiliser la compétitivité des sociétés. Pour les pouvoirs publics, la mobilisation des centrales reste également liée à la disponibilité du combustible, alors que les prix du carburant évoluent sur le marché international.
La production nationale progresse
Pour limiter cette vulnérabilité, l’État béninois a engagé depuis plusieurs années des investissements dans la production nationale. Après l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon en 2016, les efforts ont été accélérés avec la construction de la centrale thermique de Maria-Gléta 2, d’une capacité de 127 mégawatts, et de la centrale solaire de Pobè, d’une capacité de 75 mégawatts-crête.
Selon les données rapportées par Agence Ecofin, la production nationale, qui était presque inexistante une décennie plus tôt, a atteint 215 mégawatts en 2025. Cette progression ne met toutefois pas fin à la dépendance extérieure. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer les capacités du pays et à réduire l’impact des difficultés rencontrées chez ses fournisseurs régionaux.
« autonomie énergétique »
Cette expression avait été employée par Patrice Talon en mai 2021 pour présenter l’objectif poursuivi par les investissements engagés dans le secteur. Les coupures d’octobre 2026 montrent que la consolidation de la production nationale demeure un enjeu central pour le fonctionnement des services, les dépenses des ménages et la continuité des activités économiques au Bénin.