La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Alliance des États du Sahel (AES) se dirigent vers une nouvelle phase de leurs relations. Le président de la Commission de la CEDEAO, Birame Diop, a déclaré que les deux organisations devront maintenir le dialogue et rechercher des formes de coopération, malgré le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger de l’organisation régionale.
Les propos ont été rapportés par Republic of Togo, qui indique que Birame Diop s’est exprimé auprès de l’agence russe African Initiative en marge du sommet Russie-Afrique organisé à Moscou. Selon le responsable régional, des consultations conduites récemment à Dakar ont permis de retenir le principe d’une collaboration entre les deux espaces. La mise en place de groupes de travail conjoints figure parmi les pistes évoquées.
« Nos trois frères de l’AES ont décidé de manière souveraine de créer leur propre espace, et nous le respectons. Mais nous sommes voisins, nous sommes frères : nous n’avons pas d’autre option que de travailler ensemble », a déclaré Birame Diop.
Des modalités encore à préciser
Le président de la Commission de la CEDEAO a toutefois indiqué que les instruments concrets de cette coopération n’étaient pas encore arrêtés. Les discussions doivent encore déterminer les domaines concernés, les participants aux groupes de travail et les conditions de mise en œuvre. La coopération pourrait notamment toucher les échanges commerciaux et, à terme, les questions de sécurité, selon les propos rapportés.
Cette démarche intervient après une réorganisation profonde de l’espace ouest-africain. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont créé l’AES en 2023. Ces trois pays, dirigés par des autorités militaires arrivées au pouvoir à la suite de coups d’État, ont ensuite quitté officiellement la CEDEAO en janvier 2025. Leur retrait a constitué une rupture majeure pour l’organisation fondée en 1975 par le traité de Lagos.
| Étape | Évolution rapportée |
|---|---|
| 2023 | Création de l’Alliance des États du Sahel |
| Janvier 2025 | Retrait officiel du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO |
| Septembre 2026 | Annonce de discussions autour d’un nouvel accord-cadre |
| Consultations de Dakar | Accord de principe sur une collaboration et des groupes de travail |
Le commerce et la sécurité au centre des discussions
En septembre, les pays de l’AES avaient déjà annoncé leur intention de négocier avec la CEDEAO un nouvel accord-cadre, notamment dans le domaine commercial. Les nouvelles consultations s’inscrivent dans cette orientation. Elles ne remettent pas en cause, à ce stade, l’existence séparée des deux organisations, mais cherchent à organiser leurs relations entre États voisins.
Le dossier concerne directement le Bénin, comme les autres pays de la CEDEAO, en raison des liens commerciaux, des déplacements de personnes et des enjeux de sécurité qui traversent l’espace ouest-africain. La clarification des relations avec les pays de l’AES constitue donc un sujet pour les États côtiers et sahéliens, alors que les échanges régionaux dépendent de corridors reliant les ports du golfe de Guinée aux pays de l’hinterland.
Le Togo occupe, dans ce processus, une position particulière. Le pays a conservé des relations étroites avec les autorités sahéliennes et est présenté comme un interlocuteur entre les deux ensembles. Son port est également décrit comme une voie d’approvisionnement importante pour le Burkina Faso, le Niger et le Mali. Pour la CEDEAO comme pour l’AES, la prochaine étape consistera désormais à transformer l’accord de principe annoncé à Dakar en modalités de coopération clairement définies.
- La CEDEAO et l’AES ont retenu le principe d’une collaboration.
- Des groupes de travail conjoints sont envisagés, sans mécanismes encore arrêtés.
- Les discussions portent notamment sur le commerce et pourraient inclure la sécurité.