Le gouvernement béninois engage un nouveau dispositif pour accroître la production de coton au cours de la campagne 2026-2027. Le projet pilote repose sur une intensification conduite par les Agences territoriales de développement agricole (ATDA) 2, 3 et 4. Son lancement officiel a eu lieu le 23 octobre 2026 à Savalou, à l’occasion du démarrage de la campagne de commercialisation du coton-graine, en présence du ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yéton Bloukounon Goubalan.
Un programme centré sur les rendements
Le dispositif gouvernemental vise d’abord à augmenter la quantité récoltée sur chaque hectare. Pour y parvenir, les responsables prévoient de revoir les itinéraires techniques appliqués dans les exploitations et de renforcer le suivi de l’utilisation des intrants. Le projet est confié à trois agences territoriales, ce qui inscrit sa mise en œuvre dans le cadre régional déjà utilisé pour l’accompagnement des producteurs agricoles.
Cette orientation intervient après une campagne 2025-2026 marquée par un recul de la production. D’après les données du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique, le Bénin a récolté 533 590 tonnes. Le pays conserve ainsi la première place dans la zone franc CFA, devant le Mali, mais son volume a diminué de 16,3 % en un an.
| Campagne | Production indiquée |
|---|---|
| 2021-2022 | 766 273 tonnes |
| 2025-2026 | 533 590 tonnes |
Une organisation renforcée de la collecte
Les autorités associent l’amélioration des rendements à une discipline accrue au moment de la commercialisation. Les coopératives villageoises de producteurs sont invitées à acheminer leurs récoltes vers les usines d’égrenage sur une période d’au moins six mois. Les responsables des marchés autogérés doivent, de leur côté, organiser les évacuations dans les délais afin de réduire les risques de détérioration des stocks.
« exclusivement à travers le mécanisme mis en place par l’interprofession »
Cette demande a été formulée par le président de l’association interprofessionnelle du coton. Elle vise à faire passer les opérations de commercialisation par le mécanisme défini par l’interprofession et à limiter les ventes frauduleuses. Les responsables locaux sont également appelés à prévenir les incendies, les mouillures et les pertes de poids susceptibles d’affecter la valeur du coton entre la récolte et son enlèvement.
Un financement de 3,883 milliards de FCFA
Pour accompagner la campagne, une enveloppe de 3 883 000 000 FCFA a été annoncée. Le financement doit soutenir le déroulement du programme d’intensification et les opérations liées à la campagne cotonnière. Le contenu fourni ne détaille pas la répartition de cette somme entre les agences, les producteurs, les intrants ou les infrastructures de collecte.
Le gouvernement a par ailleurs décidé de maintenir les prix d’achat appliqués lors de la campagne précédente, malgré la progression des cours mondiaux. Le coton graine biologique de deuxième choix est fixé à 310 FCFA le kilogramme. Cette décision établit le niveau de rémunération communiqué pour cette catégorie dans le cadre de la campagne 2026-2027.
Une filière à reconquérir
Les résultats des dernières années expliquent l’accent mis sur la productivité. La production béninoise avait atteint 766 273 tonnes en 2021-2022, avant de reculer lors des campagnes suivantes. Le Bénin a aussi perdu la première place régionale au profit du Mali en 2024-2025, avant de la reprendre sur la campagne 2025-2026 malgré la baisse du volume récolté.
- ATDA 2, 3 et 4 : agences chargées du projet pilote d’intensification ;
- 533 590 tonnes : production annoncée pour 2025-2026 ;
- 3 883 000 000 FCFA : montant affecté au soutien de la campagne 2026-2027 ;
- 310 FCFA par kilogramme : prix indiqué pour le coton graine biologique de deuxième choix.
La campagne 2026-2027 s’ouvre donc avec deux priorités annoncées par les autorités : relever le rendement à l’hectare et mieux maîtriser le circuit d’évacuation et de commercialisation. Le projet pilote conduit par les trois ATDA doit permettre d’appliquer ces orientations sur le terrain, tandis que les coopératives et les responsables des marchés autogérés sont chargés de respecter les consignes de livraison et de stockage.