Des représentants de cinq pays ouest-africains se réunissent à Cotonou pour examiner les moyens de rapprocher les pratiques d’autorégulation et de déontologie dans les médias. La rencontre, ouverte le 29 octobre 2026 à la Maison des médias Thomas Mègnassan, est organisée à l’initiative de l’Observatoire de la déontologie et de l’éthique des médias (ODEM).
Les travaux réunissent des professionnels et des représentants d’organes issus du Bénin, du Togo, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Mali. L’objectif présenté par les organisateurs est de renforcer la coopération entre les structures professionnelles chargées de veiller au respect des règles déontologiques dans les médias, en rapprochant notamment leurs méthodes de travail et leurs procédures d’évaluation.
Une coopération face aux évolutions du secteur
Le président de l’ODEM, Tanguy Agoï, estime que les mutations liées à l’intelligence artificielle et les enjeux de sécurité rendent cette coopération nécessaire. La rencontre doit ainsi permettre aux participants de comparer leurs pratiques et d’identifier des bases communes pour le traitement des manquements professionnels dans les différents pays représentés.
La réflexion porte également sur la possibilité de relancer le Réseau des organes africains d’autorégulation, créé au début des années 2000. Tanguy Agoï souhaite aussi que les échanges aboutissent à des activités régulières entre les structures professionnelles de la sous-région. L’élaboration d’un code éthique ouest-africain figure parmi les sujets proposés à la discussion.
- Cinq pays participent à la consultation ouverte à Cotonou ;
- les échanges portent sur l’harmonisation des procédures et des évaluations ;
- la création d’un cadre régional et d’un code éthique commun est évoquée.
La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication favorable à un cadre régional
Lors de la cérémonie d’ouverture, François Awoudo, secrétaire général de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication, a plaidé pour la mise en place d’une organisation faîtière à l’échelle ouest-africaine. Il a également insisté sur la nécessité d’organiser régulièrement des activités communes et de publier les avis rendus par les organes d’autorégulation.
Dans le système d’autorégulation, ces avis permettent aux instances professionnelles de se prononcer sur le respect des règles applicables au traitement de l’information. Leur publication contribue aussi à rendre les décisions accessibles au public et aux professionnels concernés. La proposition défendue à Cotonou vise donc à donner davantage de continuité aux échanges entre les organes nationaux.
La consultation est soutenue par la Fondation Hirondelle et financée par l’Union européenne. Elle s’inscrit dans une démarche de coopération régionale alors que les médias évoluent dans un environnement marqué par la circulation rapide des contenus numériques et par l’apparition de nouveaux outils de production et de diffusion de l’information.